Articles pour Café

Le café, c’est pas sorcier. Dédicace le dimanche 9 octobre chez Hexagone Café.

Le café, c’est pas sorcier

Ça y est. Nous y sommes. Le livre « Le café c’est pas sorcier » coécrit avec mon ami Chung-Leng Tran et merveilleusement illustré par Yannis Varoutsikos sera disponible dès mercredi 14 septembre 2016. Edité chez Marabout, il est le fruit de longues heures de réflexion, d’écriture, de réécriture, de doutes mais aussi de convictions, afin de partager notre passion avec le plus grand nombre.

Mais pas que. Si l’ouvrage est accessible aux néophytes, des pages « expert » dotées d’outils inédits sauront, nous l’espérons, formaliser les techniques employées par les baristas professionnels. Vous n’avez plus d’excuses pour ne pas réussir les meilleurs espresso, cappuccino et café filtre à la maison.

Dégustation Work Shop Coffee Cult of Done Espresso

Coffee shop incontournable

Avec quatre boutiques situées à Londres, Work Shop Coffee fait désormais parti de la scène incontournable du café de spécialité. Arrivée en avril 2011 sous les bannières australiennes St. Ali et Sensory Lab, l’enseigne a été renommée Work Shop Coffee Co. en février 2012. Work Shop Coffee source et torréfie ses propres cafés.

Cult Of Done Espresso

Le Cult on Done est un café destiné à l’espresso, dont l’origine change au fil du sourcing. Le Salvador Las Ranas, Finca San Francisco en est la 24ème version. Ce single origin est composé de variétés Bourbon et d’Hybrido San Francisco traitées par voie humide.

Les grains parfaitement triés sont torréfiés de façon homogène. La cuisson est peut-être légèrement plus poussée que d’autres torréfactions anglo-saxonnes, Square Mile en tête.

Extraction(s) et dégustation(s)

Grains torréfiés le 28 juillet et dégustations effectuées le 11 août. Moulin : Mazzer Super Jolly. Machines espresso : La Marzocco Linea Mini & GS/3.

Premier constat, le café est assez réactif aux changements de paramètres. Si c’est un atout pour un barista équipé d’une machine stable et précise, le Cult of Done donnera surement plus de fil à retordre à un amateur doté d’une machine espresso plus basique.

Le cadrage a été établi sans tenir compte des éventuelles recommandations du torréfacteur. D’abord dosé à 18g de mouture pour 36g en sortie, je suis vite passé à 19g afin d’abaisser le taux d’extraction (en broyant plus grossièrement, conséquence de l’augmentation de grammage). L’espresso y a gagné en corpulence et en douceur. Avec un temps d’extraction de 30s et une température de 93°C. L’ajustement de la température a eu surtout comme conséquence de changer la coloration aromatique du café (via le taux d’extraction, mais pas que). Trop basse (< 92°C) : des arômes végétaux (artichaut !). Trop haute (> 94°C) : finale sapide (légèrement amère) et arômes de tabac.

Avec ce cadrage, le nez offre des notes d’amandes. En bouche, l’attaque acidulée ; mais pas trop ; précède un milieu ample et crémeux avec des arômes de noix et une saveur caramel. La longueur en bouche n’est pas en reste avec une rémanence aromatique. Peut-être pas le café le plus complexe, mais un espresso corpulent, équilibré à la finale très longue. Après ce cadrage, je suis allé vérifier sur le site les réglages conseillés par Work Shop Coffee, mais la version 24.1 avait déjà succédé à notre café. J’ai cependant essayé le cadrage proposé car les grains sont proches (même ferme, mêmes variétés). À savoir 18g en entrée pour 34g en sortie, 32s d’extraction et 94°C. L’espresso devient alors plus rond, moins acidulé avec une finale un peu moins plaisante à mon goût.

Dégustation Belleville Honduras Santa Barbara, Jesus Moreno

Une nouvelle brûlerie parisienne

Belleville a été fondée par les créateurs du Frog Fight, David Flynn et Thomas Lehoux, ainsi qu’Anselme Blayney du Bal Café.

Le café est torréfié dans la boutique située dans le quartier de Bellevillle, précisément au 10 rue Pradier, dans le 19ème arrondissement.

Le café est torréfié par ce Giesen de 15kg

Le café

Le café dégusté provient de la région Santa Barbara, au Honduras. Le fermier, Jesus Moreno, a choisi la voie humide pour transformer les cerises de variété Pacas, qui poussent à 1580m d’altitude. Cette variété, découverte en 1949 au Salvador, est une mutation naturelle du Bourbon. Une variété que j’apprécie particulièrement pour sa rondeur, sa complexité, et sa facilité d’extraction. L’importateur de ce grain est The Collaborative Coffee Source.

Les paquets sont scellés avec la date de torréfaction

Torréfaction

Les grains torréfiés présentent un aspect homogène. La colorimétrie est assez claire, mais sans excès, même pour les méthodes douces.

La torréfaction est soignée

Cupping

Méthodes douces

En Dripper Hario V60, le nez présente beaucoup de fraîcheur. L’attaque est ronde et beurrée, et les sensations en bouche très droites. L’acidité est raffinée, pas tranchante. La douceur caramélisée est omniprésente, à l’attaque, au milieu et en finale, fruit d’une combinaison entre la qualité des grains et de la torréfaction. Les arômes rappellent les fruits tropicaux comme l’ananas, avec une finale chocolat au lait.

Mais les meilleurs résultats ont été obtenus en AeroPress. On retrouve la même analyse organoleptique qu’en filtre, avec davantage de corps, des arômes expansifs, et globalement une tasse encore plus clean.

En espresso

David m’avait prévenu que la torréfaction était plus adaptée aux méthodes douces, mais j’ai quand même souhaité l’essayer en espresso.

La torréfaction passe étonnamment bien. Les arômes tropicaux ont basculé en fruits à coques. L’acidité n’est pas exacerbée par le procédé d’extraction. Le corps est moyen et la douceur est toujours de mise.

Conclusion

On ne peut que se réjouir de l’arrivée d’une nouvelle brûlerie de qualité. Cela apporte de la pluralité et une nouvelle dynamique aux cafés de spécialité en France. Longue vie aux cafés Belleville.

Dégustation du Black Cat Classic Espresso d’Intelligentsia

Made in America

Intelligentsia est un torréfacteur américain qui fait parti des initiateurs de la troisième vague du café. Fondée en 1995, la maison possède désormais sept bars à café, deux brûleries, ainsi que deux centres de formation.

Le Blend

Ce Black Cat Classic Espresso m’a été offert par David Lahoz, juge certifié sensoriel SCAE et restaurateur de machines à levier, de retour de voyage à Chicago.

Le Blend est composé de deux cafés : un Brésilien de la région Carmo De Minas produit par Jacques Carneiro & Luiz Paulo et un Costa Ricain de la région Tarrazu produit par la Coope Dota Cooperative. Les variétés Bourbon, Caturra et Catuai sont cultivées entre 1150 et 1800m. Toutes ces informations sont stipulées sur le paquet, magnifiquement sérigraphié au demeurant. Le conditionnement est d’une livre, soit 453g.

Aspect

La torréfaction a l’air assez poussé, surtout le café brésilien. Cependant, il n’y a quasiment aucun grain qui perle, et chaque origine présente une belle homogénéité colorimétrique.

Extraction et dégustation

Les effluves aromatiques de torréfaction qui s’échappent du broyeur confirment l’aspect des grains. De plus, la mouture pulvérise un peu lors de la distribution dans le porte-filtre, conséquence d’une torréfaction assez poussée.

Mes premiers essais en 28 secondes d’extractions donneront un café trop amer. Un beau corps, une rondeur appréciable et des arômes assez peu prononcés. Je décide alors de partir sur les paramètres recommandés, à savoir 18 à 19g de mouture, 23 à 26 secondes d’extraction pour 36 à 40ml de café. À une température de 93,3°C. L’espresso se retrouve plus équilibré mais avec un manque d’acidité et une finale légèrement amère. Abaisser la température afin de contrebalancer l’équilibre n’a pas été fructueux : l’acidité a augmenté la sensation d’amertume. La solution pour atténuer cette amertume et amplifier l’acidité a été de réduire le temps d’extraction entre 18 et 20 secondes, tout en gardant les autres paramètres. Dans ces conditions, le café conserve son corps et sa rondeur, propose une attaque légèrement acidulée et une amertume modérée. Les arômes sont plus complexes, avec des notes de fruits oléagineux et une saveur caramélisée lorsqu’il est marié à du lait.

Pour conclure, le Black Cat Classic est un Blend dont l’esprit est assez éloigné d’un Red Brick. Là où le mélange de Square Mile propose une attaque franche, explosive, et vive, des arômes plus complexes et un équilibre acidulé, Intelligentsia lui préfère la rondeur, la douceur et le corps. Un Blend qui plairait finalement fort bien aux palais français, pas encore toujours préparés aux cafés anglo-saxons ou scandinaves.