Archive de mots clefs pour Shakiso

Brewers Cup : Chung-Leng Tran champion de France de café filtre !

La première édition de la Brewers Cup s’est tenue le dernier jour du café éphémère Fricote Frog Fight, à l’Imprimerie.

Fricote Frog Fight Café

Le Do It Yourself permettait d’apprendre à préparer son café avec la méthode lente de son choix, pour 2€.

Les candidats qui s’entraînaient étaient visibles de l’extérieur.

Les cafés des sponsors étaient disponibles à la vente.

Nicolas Clerc de Télescope.

Le service imposé

Le premier tour, appelé service imposé, consistait à extraire le meilleur café possible, avec pour contrainte d’employer un café inconnu (Sandona de Colombie) et identique pour tous les compétiteurs. Le choix de la méthode douce était libre, le Dripper Hario V60 a fait l’unanimité.

Durant le service imposé, les juges étaient invités à ne pas observer le travail des candidats : seul le résultat sensoriel était noté.

Le service libre

Le service libre permettait aux participants d’utiliser leur propre café, avec une présentation orale. J’ai choisi de faire déguster un café Ethiopien naturel, torréfié par le maître torréfacteur Stéphane Cataldi : un Sidamo Shakiso, aux arômes de fraise. Comme tous les compétiteurs, hormis Sadry qui a préféré l’aeropress, j’ai opté pour le Dripper V60, pour son parfait équilibre entre préservation des arômes, corps et tasse clean.

Sadry de Café Mokxa, a utilisé l’aeropress et un café lavé Ethiopien Sidamo Kebado pour le service libre.

Chung-Leng au service libre.

Annonce des résultats

Les juges : Jeff Verellen, champion du monde d’aeropress, Talor Browne de Coutume et Frédéric Poirier de Mahlkönig.

Et le champion de France est Chung-Leng Tran ! Avec une prestation entièrement en anglais et un magnifique café lavé du Rwanda Kayumbu, Cup Of Excellence lot 7, torréfié par Stéphane Cataldi. Chung-Leng représentera la France pour le championnat du monde qui se tiendra à Vienne, du 13 au 15 juin prochain.

Annonce du Champion : Chung-Leng !

Quand à moi, je décroche le titre de vice-champion de France et Pierre-Jacques Antiao termine troisième.

On ne pouvait pas rêver meilleur scénario : sur les deux premières marches du podium, deux Baristi qui se sont entraînés ensemble, et doublé des cafés de notre ami commun Stéphane Cataldi 😉

Le podium de la Brewers Cup : Pierre-Jacques Antiao, Chung-Leng Tran et Sébastien Racineux.

Le gagnant servant son Rwanda Kayumbu au public du Fricote Frog Fight Café.

Un grand merci au Frog Fight, qui a eu l’audace d’organiser cette première Brewers Cup française, à Fricote, à Madison la chef d’orchestre du championnat, à l’irremplaçable Alex Pernici, ainsi qu’aux bénévoles. Bravo aux compétiteurs qui n’ont pas démérité. Et un grand bravo et bonne chance à Chung-Leng qui représentera le café à la française !

LE TOURNOI : Espressologie.fr sur la première marche du podium !

Quatrième round : boisson signature

La libre expression était de mise pour cette quatrième et ultime manche du Tournoi. La seule règle imposée étant que chaque tasse devait contenir au moins un shot d’espresso.

Les cocktails étaient créatifs, surprenants, à l’image de celui de Tao, dont l’espresso était placé entre de la glace pilée et une passoire, ou encore le rhum flambé de David !

Tao en pleine explication…

…et en pleine préparation.

Le cocktail fini.

Surprenant à boire !

Frédéric Poirier bluffé par le flambage de David.

Le cocktail présenté par David.

Un invité de marque entre Frédéric et Antoine : Paul Haworth.

Mon cocktail à base de cuisine moléculaire : des billes de sirop de framboise encapsulé.

Écume de crème de marron sur lit d’espresso Shakiso torréfié par Stéphane Cataldi.

Le résultat final. Troisième place du quatrième round.

Le cocktail de Ruoxiang, avec pour fil conducteur la vanille, à base de mascarpone et de Daterra Bruzzi, lui offre une seconde place.

Guillaume et son cocktail à base de Bourbon, de rhum et de liqueur de café.

Bravo à Guillaume qui remporte la quatrième manche grâce à ce cocktail.

Voici le classement de ce dernier round :

1 BELVEZE Guillaume
2 CHAU Ruoxiang
3 RACINEUX Sébastien
4 GLAISTER Peta
5 TISSOT Tao
6 LAHOZ David
7 TRAN Chung-Leng
8 TADMIRI Jalal

Kevin, Barista chez Coutume

La demi-finale

A l’issue de cet ultime round, le classement général restait inchangé.

Les trois premiers, et par la même demi-finalistes, étant :

1 GLAISTER Peta
2 RACINEUX Sébastien
3 TISSOT Tao

La demi-finale consistait à un cupping de quatre triangulaires. Le niveau de difficulté était volontairement élevé pour pouvoir nous départager (seulement une semaine de torréfaction d’écart, des 60/40 et des 40/60…). Mais contre toute attente, nous avons tous effectué le sans faute !

Les quatre triangulaires ont été entièrement démasquées par les demi-finalistes

Une nouvelle triangulaire en temps réduit a alors permis de sélectionner Peta pour la finale.

Seule Peta a trouvé cette triangulaire chronométrée.

Le dernier (et troisième !) cupping me permet (enfin) d’accéder à la finale tant convoitée.

Cette dernière triangulaire était chronométrée : moins de 15 secondes pour trouver l’intrus !

 Talor Browne, Barista chez Coutume

La finale

Consistait en un face à face d’un quart d’heure, avec pour mission de faire les meilleurs café, macchiato et cappuccino possibles. Le nombre d’essais était illimité, les boissons considérées comme convenables étaient envoyées au jury qui les notaient à l’aveugle, selon les critères de la WBC.

Le face à face final.

Le macchiato.

Le cappuccino.

Le jury dégustait les boissons à l’aveugle.

Evaluation d’un des espressi.

Les trophées

L’annonce du vainqueur par Nicolas, l’organisateur principal du Tournoi.

En accédant à cette première place, je remporte un voyage dans un pays producteur (probablement l’Ethiopie ou la Nouvelle-Guinée !), en plus de la reconnaissance par mes pairs.

Merci aux organisateurs (et en particulier à Nicolas qui n’a pas ménagé sa peine), aux bénévoles, ainsi qu’à tous les participants. Bravo à David, amateur éclairé, qui termine au pied du podium. Bravo à Tao (événement exceptionnel, Barista exceptionnel ;-)), qui fait une entrée fracassante dans le monde du café, et à Peta qui a été une redoutable adversaire. Elle repart avec une machine espresso Oscar de Nuova Simonelli.

Rusty, la chienne de Peta, fière de sa maîtresse !

Un grand merci à Chung-Leng qui a shooté la majorité des photos de cet article.

Dégustation du Sidamo Nekisse de Coutume

Meilleur torréfacteur de France 2011

Et oui, tout comme Emmanuel Harzelec, Antoine Nétien a gagné le titre de meilleur torréfacteur de France en 2011. Cela s’explique par le fait que pour obtenir le titre, les participants doivent obtenir au moins 75 sur 100. Le torréfacteur de Coutume a été formé en Australie. De retour en France, il a co-fondé Coutume avec Tom Clark, il y a tout juste un an. Les cafés Coutume sont disponibles dans leur bar à café éponyme, situé au 47 rue de Babylone, dans le 7e arrondissement parisien.

Sidamo Nekisse

Le Shakiso Nekisse (et oui, le Nekisse est un Shakiso tout comme l’excellent Sidamo de Caffè Cataldi) est produit par Ninety Plus dans la région du Sidama, près de la ville de Neji. Il est cependant différent, et si le café de Stéphane excelle en espresso, celui d’Antoine se délivre en extraction douce. C’est un café nature : les cerises sont traitées par voie sèche. La sélection est particulièrement pointue sur ce café de grade 1.

Torréfaction

Le grain du Nekisse réclame une torréfaction claire. La colorimétrie est relativement homogène pour un café Éthiopien.

Préparation

Dégustation

Le nez laisse s’évader beaucoup d’arômes. Des arômes de baies rouges comme la groseille. En bouche, le café est une merveille d’équilibre. Ce qui frappe, c’est l’ensemble de ses qualités : du corps, de l’acidité et des arômes. La finale aromatique s’attarde longuement. Un café d’exception, qui s’épanouit quel que soit le procédé d’extraction lent (piston, siphon, filtre…).

Dégustation du Sidamo Shakiso de Caffè Cataldi

Meilleur torréfacteur de France 2010

Stéphane Cataldi, fondateur de Caffè Cataldi en novembre 2009, a gagné le concours de meilleur torréfacteur de France l’année suivante. La brûlerie est située à Louargat, dans les Côtes d’Armor.

Sidamo Shakiso

Ce Moka Sidamo pousse en forêt, dans la province de Sidamo, en Éthiopie, à une altitude comprise en 1700 et 1850 mètres. Les cerises sont récoltées par picking, autrement dit, une cueillette manuelle des fruits parfaitement mûrs. Le Shakiso est un café naturel : la méthode sèche consiste à faire sécher les cerises au soleil, jusqu’à atteindre un taux d’humidité de 12%. La “coque” est alors ôtée mécaniquement. Si ce procédé ne lisse pas les défauts du grain comme la méthode humide, il permet néanmoins d’augmenter son niveau de sucre. On obtient également des cafés aux arômes plus extravertis. La ferme Mormora, qui cultive ce Sidamo, a produit 450 sacs cette année.

Torréfaction

Torréfier un Sidamo est loin d’être évident. Les grains sont petits mais coriaces, il faut les cuire à cœur, en prenant garde de ne pas dépasser une limite qui signe la mort des arômes. De plus, il est difficile d’obtenir des grains homogènes avec les cafés traités par voie sèche. Avec toutes ces contraintes, on peut affirmer que Stéphane s’en sort très bien. Comme d’habitude, on sent qu’il a étudié le grain et multiplié les essais. Les grains ont un bel aspect et les arômes qui s’évadent du paquet ne laissent présager que du bon.

Une torréfaction bien homogène et relativement claire, afin de préserver les arômes.

Extraction

Conditions de l’essai :

  • Moulin : Mazzer Super Jolly
  • Température ambiante : 21°C
  • Taux d’humidité : 40%
  • Café torréfié depuis 11 jours

Paramètres d’extraction :

  • Dose : 16-17g
  • Température d’extraction : 92,5°C
  • Temps d’extraction : 25sec
  • Volume d’une tasse : 25ml

Le Shakiso ne demande pas une dose trop conséquente. J’ai obtenu de bons résultats avec 16 à 17g de café moulu pour 2 X 25ml en tasse. Une température de 92,5°C permet d’obtenir un bon équilibre des saveurs. Il faut juste éviter de pousser le temps d’extraction au delà de 25sec, sous peine de voir apparaître une petite astringence en finale.

Les quelques bulles sont dues à la hauteur conséquente des becs de sortie du porte-filtre sur la GS/3

Dégustation

Le nez dégage des effluves d’agrumes confits. L’attaque acidulée laisse place à un milieu étonnant d’équilibre. On retrouve les arômes d’agrumes confits soutenus par un corps qui envahit le palais. La finale légèrement terreuse est particulièrement longue.

À bien des égards, le Sidamo Shakiso me fait penser au Gidaamii. Comme lui, il pousse en forêt et est traité par voie sèche. Cependant, le Shakiso est plus accessible par son corps et son équilibre.

Étonnamment “clean” pour un café nature, je n’avais jamais dégusté un Sidamo aussi bon en espresso. Souvent trop torréfié, il perd tous ses arômes. Et le peu de fois où la cuisson n’était pas exagérée, il manquait de corps et était acide. Avec ce Shakiso, Stéphane Cataldi semble avoir déniché un Sidamo grand cru. Avec comme à l’accoutumé, une torréfaction aux petits oignons.